
Lola Rodríguez de Tió
1843 — 1924
PR
À dix-sept ans, elle exige le droit de se couper les cheveux courts — un geste de défi dans les colonies espagnoles où les femmes sont largement tenues à l'écart de la vie intellectuelle. Rodríguez de Tió ne s'arrêtera pas là. En 1868, lors de l'insurrection du Grito de Lares, elle écrit les paroles révolutionnaires de La Borinqueña, hymne portoricain dans sa version originale et combative — bien différente de la version édulcorée imposée plus tard. Exilée à deux reprises par les autorités espagnoles — au Venezuela, puis à Cuba et à New York —, elle collabore avec José Martí et les mouvements indépendantistes cubain et portoricain. Son premier recueil, Mis cantares (1876), se vend à 2 500 exemplaires ; suivront Mi libro de Cuba (1895), Claros y nieblas (1885), Nochebuena (1887). La poésie, chez elle, ne se sépare pas de l'engagement : abolition de l'esclavage, indépendance des Antilles, droits des femmes. Elle meurt à La Havane en 1924, sans avoir revu Puerto Rico libre.