
Laurent Tailhade
1854 — 1919
France
Issu d'une vieille famille de magistrats tarbais, marié par sa famille pour le contraindre à la province, il gagne Paris à la mort de sa première femme et dilapide son héritage dans la bohème littéraire. Ami de Verlaine, Moréas et Samain, parnassien dans Le Jardin des rêves (1880) puis Vitraux (1892), il se voue ensuite à la satire et au pamphlet — Au pays du mufle (1891), À travers les groins (1899), Poèmes aristophanesques (1904) — où la verve injurieuse atteint des sommets. Anarchiste, anticlérical, dreyfusard, il est condamné à un an de prison en 1894 pour avoir applaudi un attentat à la bombe, puis perd un œil dans l'explosion du restaurant Foyot l'année suivante. Bretteur, traducteur du Satyricon, Pascal Pia se souviendra qu'« une rime heureuse pouvait, chez lui, déterminer tout un massacre ». Il meurt à Combs-la-Ville en 1919, figure marquante de la satire fin-de-siècle.