
Julio Herrera y Reissig
1875 — 1910
Uruguay
Une maladie cardiaque congénitale diagnostiquée à cinq ans — et aggravée par la fièvre typhoïde à dix-sept — interdit à Julio Herrera y Reissig tout voyage, presque toute vie extérieure. Il en fait une chambre haute. Depuis le grenier de la maison familiale à Montevideo, baptisée la Torre de los Panoramas, il tient avec Roberto de las Carreras un salon littéraire qui devient le foyer du modernisme uruguayen. Neveu d'un président de la République, il choisit la poésie comme seul territoire. Son œuvre principale tient en dix ans : Los éxtasis de la montaña, Los parques abandonados, Las clepsidras — une langue qui pousse le gongorisme jusqu'au bord du surréalisme, avec une précision formelle qui fascine Neruda, lequel l'introduit à sa génération madrilène. Borges le lit comme un passage du charme des mots à la clarté absolue. Il meurt à trente-cinq ans, et la reconnaissance arrive après.