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James Clarence Mangan

James Clarence Mangan

1803 — 1849

Irlande

L'ombre de Mangan plane sur la littérature irlandaise au-delà de son œuvre : poète miséreux, traducteur (réel ou imaginaire), nationaliste sans orthodoxie et figure d'excès, il devient après sa mort une sorte de mythe littéraire auquel reviendront aussi bien Yeats que Joyce. Employé précaire dans le Dublin du début XIXᵉ, sa vie est marquée par la pauvreté, l’isolement et une hypersensibilité qui nourrit une poésie traversée de mélancolie et de visions d’effondrement. Polyglotte autodidacte, il publie de nombreuses « traductions » de poèmes allemands, orientaux ou gaéliques, qui relèvent en réalité d’une recréation personnelle, brouillant volontairement les frontières de l’auteur et de la source. Lors de la Grande Famine, son écriture se charge d’une dimension plus explicitement nationale, où la perte et la ruine de l’Irlande deviennent motifs centraux. Mort du choléra en 1849, il sera relu un précurseur du Irish Literary Revival et d’une modernité poétique du faux et fragment.