
Harriet Monroe
1860 — 1936
États-Unis
Élevée à Chicago dans une famille bourgeoise cultivée, elle commence à écrire jeune mais comprend vite que sa vocation tient autant à servir la poésie qu'à en produire. En 1912, elle fonde à Chicago Poetry: A Magazine of Verse, en levant les fonds nécessaires auprès d'un cercle de mécènes locaux pour garantir cinq ans de parution. La revue va devenir le lieu où la modernité poétique américaine s'invente : Ezra Pound, son correspondant à Londres, lui envoie les premiers vers de T. S. Eliot — The Love Song of J. Alfred Prufrock paraît dans Poetry en juin 1915. Robert Frost, Wallace Stevens, Carl Sandburg, William Carlos Williams, Hilda Doolittle y publient leurs premières pièces majeures. Elle dirige la revue jusqu'à sa mort, voyageant beaucoup dans ses dernières années en Asie et en Amérique du Sud. Sa propre poésie, Valeria (1892) et autres recueils, est restée dans son ombre éditoriale. Elle meurt à soixante-seize ans à Arequipa, au Pérou, lors d'un voyage.