
Alfonsina Storni
1892 — 1938
Argentine
Ouvrière dans une fabrique de casquettes à dix ans, actrice itinérante à treize, mère seule à vingt, Alfonsina Storni arrive à Buenos Aires en 1911 avec peu de bagages et des vers dans la tête. Née en 1892 en Suisse d'une famille argentine d'origine italienne, elle grandit entre San Juan et Rosario, dans une pauvreté qui n'entamera jamais son obstination. Son premier recueil, La inquietud del rosal, paraît en 1916 ; Languidez (1920) lui vaut les deux plus hautes distinctions littéraires argentines. Elle enseigne, publie, fréquente Horacio Quiroga, Gabriela Mistral, García Lorca. Sa poésie s'ouvre d'abord sur le désir, la condition des femmes, l'ironie tendre — puis bascule avec Ocre (1925) vers quelque chose de plus nu, plus dur. Opérée d'un cancer en 1935, elle continue d'écrire. En octobre 1938, elle marche vers la mer à Mar del Plata et ne revient pas. Elle avait quarante-six ans, et venait d'envoyer son dernier poème à un journal de Buenos Aires.