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Poèmes Français
Rainer Maria Rilke
1935
Poemas (125)
Ce soir mon cœur fait chanter
Lampe du soir, ma calme confidente,
Reste tranquille, si soudain
Combien a-t-on fait aux fleurs
Tout se passe à peu près comme
Nul ne sait, combien ce qu'il refuse
Paume, doux lit froissé
Notre avant-dernier mot
Si l'on chante un dieu
C'est le Centaure qui a raison
CORNE D'ABONDANCE
Comme à un verre de Venise
Fragment d'Ivoire
La Passante d'été
Sur le soupir de l'amie
Petit Ange en porcelaine
Qui vient finir le temple de l'amour ?
Eau qui se presse
Que le dieu se contente de nous
Dans la multiple rencontre
Les Anges, sont-ils devenus discrets !
le pape au fond de son faste
C'est qu'il nous faut consentir
On a si bien oublié
Source
Qu'il est doux parfois d'être de ton avis
La Déesse
Portrait Intérieur
Comment encore reconnaître
Le sublime est un départ.
Combien de ports pourtant
N'est-ce pas triste que nos yeux se ferment ?
Puisque tout passe
Souvent au-devant de nous
Vues des anges, les cimes des arbres peut-être
Ô mes amis, vous tous
Un cygne avance sur l'eau
Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point
Ce soir quelque chose dans l'air a passé
Tel cheval qui boit à la fontaine
Cette lumière
Dans la blondeur du jour
Le silence uni de l'hiver
Entre le masque de brume
La fenêtre
À la bougie éteinte
C'est le paysage longtemps
On arrange et on compose
J'ai vu dans l’œil animal
Faut-il vraiment tant de danger
La Dormeuse
La Biche
Arrêtons-nous un peu
Tous mes adieux sont faits
Petite cascade
Pays, arrêté à mi-chemin
Rose de lumière
Contrée ancienne, aux tours qui insistent
Douce courbe le long du lierre
Pays silencieux dont les prophètes se taisent
Vois-tu, là-haut, ces alpages des anges
Ô bonheur de l'été
C'est presque l'invisible qui luit
Ô ces autels où l'on mettait des fruits
Portons quand même à ce sanctuaire
Le clocher chante
L'année tourne autour du pivot
Un rose mauve dans des hautes herbes
Tout ici chante la vie de naguère
Quel calme nocturne, quel calme
Avant que vous comptiez dix
Chemin qui tourne et joue
Tant de noir sérieux
La petite clématite se jette
Après une journée de vent
Comme tel qui parle de sa mère
Ici la terre est entourée
Voici encore de l'heure qui s'argente
Le long du chemin poussiéreux
Fier abandon de ces tours
Les tours, les chaumières, les murs
Pays qui chante en travaillant
Vent qui prend ce pays comme l'artisan
Au lieu de s'évader
Chemins qui ne mènent nulle part
Quelle déesse, quel dieu
Ce ciel qu'avaient contemplé
Mais non seulement le regard
Au ciel, plein d'attention
Beau papillon près du sol
Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant
Je te vois, rose, livre entrebâillé
Rose, toi, ô chose par excellence complète
C'est pourtant nous qui t'avons proposé
Abandon entouré d'abandon
Une rose seule, c'est toutes les roses
T'appuyant, fraîche claire
De ton rêve trop plein
Rose, toute ardente et pourtant claire
Amie des heures où aucun être ne reste
J'ai une telle conscience de ton
Contre qui, rose
Préfères-tu, rose, être l'ardente compagne
Été : être pour quelques jours
Seule, ô abondante fleur
Ne parlons pas de toi. Tu es ineffable
C'est à toi qui prépares en toi
Tout ce qui nous émeut, tu le partages.
Est-ce en exemple que tu te proposes ?
Dis-moi, rose, d'où vient
Cela ne te donne-t-il pas le vertige
Vous encor, vous sortez
Rose, venue très tard, que les nuits amères arrêtent
Rose, eût-il fallu te laisser dehors
Il suffit que, sur un balcon
Tu me proposes, fenêtre étrange, d'attendre
N'es-tu pas notre géométrie
Fenêtre, toi, ô mesure d'attente,
Comme tu ajoutes à tout
Du fond de la chambre, du lit
Fenêtre, qu'on cherche souvent
Elle passe des heures émues
Sanglot, sanglot, pur sanglot !
C'est pour t'avoir vue
Solitude