
Sulpicia
-30 — -1
Connue par six brèves élégies — six poèmes seulement, mais d'une voix singulière dans toute la littérature latine — préservées dans le livre III du Corpus Tibullianum aux pièces 3.13 à 3.18, elle est l'unique poétesse romaine dont l'œuvre nous soit parvenue. Nièce probable de Marcus Valerius Messalla Corvinus, protecteur du cercle d'écrivains où figurent Tibulle et Ovide, elle appartient à la haute aristocratie augustéenne. Ses vers chantent un amour pour le jeune Cerinthus — pseudonyme à la manière de la Lesbie de Catulle et de la Cynthie de Properce — avec une franchise sans précédent : désir avoué, colère, jalousie, indignation contre les convenances qui voudraient lui interdire de dire son amour. La critique longtemps condescendante à son égard a été renversée depuis les années 1980, qui reconnaissent en elle non une amatrice mais une voix poétique consciente et accomplie, premier témoignage féminin de l'élégie érotique latine.