
Sully Prudhomme
1839 — 1907
France
Issu de la bourgeoisie parisienne, polytechnicien interrompu par une maladie des yeux, il abandonne l'industrie pour la poésie. Stances et poèmes (1865), où figure "Le Vase brisé", lui apporte une reconnaissance immédiate. Rattaché au Parnasse, il s'en détache rapidement par ses préoccupations philosophiques et morales : La Justice (1878), Le Bonheur (1888) cherchent à mettre la poésie au service d'une réflexion sur la science, le destin humain, la conscience. Élu à l'Académie française en 1881, il devient en 1901 le premier lauréat du prix Nobel de littérature — choix critiqué dès l'époque, l'opinion lui ayant préféré Tolstoï. Très handicapé par la paralysie d'une jambe les dernières années, il vit retiré à Châtenay-Malabry et consacre une partie de son prix Nobel à la création d'un fonds pour les jeunes poètes. Sa popularité énorme de son vivant s'est ensuite effacée.