
Luisa Pérez de Zambrana
1838 — 1922
Cuba
Orpheline de père dès l'enfance, elle grandit à Santiago de Cuba entourée d'intellectuels qui reconnaissent très tôt ses dons. À quatorze ans, ses premiers vers circulent en cahier et font le tour de l'île. C'est ainsi que Ramón de Zambrana, critique littéraire havanais, tombe amoureux de son œuvre avant même de la rencontrer : il fait le voyage jusqu'à Santiago et l'épouse en 1858. Luisa s'installe à La Havane, devient une figure du milieu intellectuel cubain, et est choisie en 1860 pour couronner Gertrudis Gómez de Avellaneda au Teatro Tacón. Mais c'est le deuil qui finira par définir son œuvre. Son mari meurt jeune, puis sa sœur Julia, puis ses cinq enfants, un à un, entre 1886 et 1898. De cette succession de pertes naît une poésie élégiaque d'une mélancolie profonde, traversée de réflexions religieuses et philosophiques sur la mort. José Martí écrit d'elle : seul le sentiment fait la poésie.