
Louise-Victorine Ackermann
1813 — 1890
France
Élevée dans une famille bourgeoise parisienne, instruite par un père voltairien qui lui transmet le goût de la philosophie, elle épouse en 1843 un linguiste allemand, Paul Ackermann, à Berlin. Veuve deux ans plus tard, elle se retire à Nice où elle vivra le reste de sa vie en quasi-solitude, lisant les philosophes et les sciences. Ses Poésies philosophiques, publiées en 1874, la révèlent tardivement : poésie pessimiste, athée, marquée par la lecture de Schopenhauer et la révolution darwinienne, qui interroge le silence de la nature, l'absence de Dieu, la souffrance du vivant. Ses sonnets, sa langue ferme et dépouillée, refusent l'effusion lyrique. Elle reste à l'écart des cercles parisiens et publie peu. Une voix singulière dans le siècle : une femme qui pense le tragique métaphysique sans consolation, à une époque où on attendait surtout d'elle des vers sentimentaux.