
Louisa Siefert
1845 — 1877
France
Née à Lyon dans une famille protestante cultivée, elle perd la santé jeune et meurt à trente-deux ans. Son premier recueil, Rayons perdus, publié à vingt-trois ans en 1868, est salué par Sainte-Beuve dans la Revue des Deux Mondes — geste rare pour une poétesse à cette époque. Suivent Les Stoïques, L'Année républicaine, et plusieurs ensembles de souvenirs. Sa poésie, lyrique et personnelle, parle d'amour déçu, de foi tourmentée, de maladie et de deuil avec une sincérité qui la distingue de la rhétorique parnassienne dominante. Mariée tardivement, mère, elle continue d'écrire malgré la dégradation de sa santé. Rimbaud, adolescent, recopiera certains de ses vers dans ses propres carnets — détail longtemps ignoré. Oubliée pendant un siècle, elle est aujourd'hui relue dans le sillage des recherches sur les voix féminines effacées du XIXe. Une œuvre intime, sans pose.