
José María Eguren
1874 — 1942
Peru
Enfant fragile qui passe ses premières années à la campagne loin de Lima occupée par les troupes chiliennes, José María Eguren installe sa vie d'adulte à Barranco, village balnéaire au bord du Pacifique, entouré de ses sœurs, de ses livres et de ses amis. Il ne voyage presque pas. Il peint des aquarelles, construit lui-même une chambre photographique avec un encrier, et écrit des poèmes que personne ne comprend tout de suite. Simbólicas (1911), son premier recueil, inaugure la poésie contemporaine péruvienne en rompant avec le romantisme et le modernisme — un monde médiéval et gothique traversé de figures enfantines et hallucinatoires, nourri de Verlaine, Mallarmé et des contes des frères Grimm. Mariátegui, qui lui consacre un essai dans ses Sept essais, dit de lui qu'il «représente la poésie pure». César Vallejo l'interviewe en 1918. Gabriela Mistral lui rend visite en 1938. La reconnaissance officielle arrive dans les derniers mois de sa vie.