
Francisco de Sá de Miranda
1481 — 1558
Portugal
Humaniste formé au droit et aux lettres, Sá de Miranda découvre lors de son séjour en Italie les ressources de la Renaissance italienne : le Dolce Stil Nuovo, le sonnet, l'ode, et les ramène au Portugal comme armes de renouvellement. Il ne les importe pas passivement : il les plie à la langue portugaise, invente des formes hybrides, maintient aussi la redondilha traditionnelle. Pour lui, la poésie n'est pas un ornement de cour mais une mission. Elle dénonce, prophétise : elle critique les vices de la cour, l'oubli des champs, la corruption du luxe. Sa langue est dense, hermétique, souvent difficile — elliptique et travaillée. Ses premières comédies classiques, peu goûtées d'un public attaché aux autos de Gil Vicente, incarnent cette volonté de critique morale par les formes. Sá de Miranda reste l'écrivain du XVIe siècle portugais le plus lu après Camões. Son intégrité — « d'avant casser que plier » — impose son poids pendant cinq siècles.