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Victoire Babois

Victoire Babois

1760 — 1839

Francia

Marguerite Victoire Babois naît à Versailles en 1760 dans une famille de commerçants aisés. Une union malheureuse avec un officier la laisse seule avec sa fille Blanche, qui meurt en 1792 à cinq ans. Elle écrit alors, entre 1792 et 1794, les élégies qui feront sa renommée — c'est son oncle Jean-François Ducis, poète, qui la pousse à les publier. Élégies sur la mort de sa fille âgée de cinq ans paraît en 1804 et connaît un succès immédiat : trois rééditions en un an, six en dix ans. Babois y renouvelle la poésie élégiaque par une écriture du deuil maternel — langue dépouillée, sincère, à l'écart de la rhétorique classique, qui touche une vérité intime que Marceline Desbordes-Valmore et Lamartine reconnaîtront comme l'une des sources du lyrisme romantique. Suivent les Élégies maternelles (1810) et les Élégies nationales (1815), inspirées par les désastres de la fin de l'Empire. Elle meurt à Paris en 1839 et repose au Père-Lachaise aux côtés du peintre Jean-Jacques Karpff, son amant.