
Maurice Rollinat
1846 — 1903
Francia
Fils de François Rollinat, député de l'Indre en 1848 et grand ami de George Sand qui sera sa marraine littéraire, il grandit à Châteauroux dans un milieu cultivé, étudie le piano avec passion, et perd brutalement son père en 1867 puis son frère par suicide en 1876 — deuils qui hantent toute son œuvre. Encouragé par Sand, il publie à Paris Dans les brandes (1877), sans succès, puis rejoint les Hydropathes et le cabaret du Chat Noir, où il interprète au piano ses vers et ceux de Baudelaire. Les Névroses (1883), recueil de son apogée, mêle fantastique, sensualité et angoisse métaphysique sous l'influence d'Edgar Poe et de Baudelaire ; Barbey d'Aurevilly y verra un « diable en acier » plus profond que le « diable en velours » baudelairien. Verlaine n'y vit qu'un sous-Baudelaire. Retiré à Fresselines près de la Creuse, il y compose L'Abîme (1886) et Paysages et paysans (1899), avant de mourir à Ivry en 1903.