
Eudore Évanturel
1852 — 1919
Canadá
Fils d'un avocat de Québec qui devint député puis ministre, élevé dans la bourgeoisie politique de la ville, il publie à vingt-cinq ans Premières poésies (1878) — recueil bref, mélancolique, marqué par les lectures françaises (Musset, Baudelaire, Coppée), qui détonne dans une production canadienne-française alors largement patriotique et religieuse. La critique cléricale l'attaque violemment, l'accusant d'ennui, de pessimisme et d'imitation française : il ne publiera jamais de second recueil. Désenchanté, il s'installe à Boston comme secrétaire de l'historien Francis Parkman, qu'il aide à compulser les archives françaises de Nouvelle-France pour son grand livre sur la guerre franco-britannique. Rentré au Québec, il devient archiviste à la province, fonction qu'il exercera vingt ans. Il meurt à Québec en 1919, ayant continué d'écrire des vers sans les publier. Une voix singulière du Canada français du dernier quart du XIXe siècle.