
Auguste Angellier
1848 — 1911
Francia
Universitaire avant d'être poète, il devient l'un des fondateurs des études anglaises en France, professeur à Lille puis à la Sorbonne, et auteur d'une thèse sur Robert Burns qui fera longtemps autorité. Sa poésie tient en quelques recueils, dont À l'amie perdue, paru en 1896, suite de cent quarante sonnets nés d'une rupture amoureuse. Le cycle, sobre et continu, déploie le travail du chagrin et la mémoire avec une discrétion qui tranche sur l'effusion symboliste de la même époque. Le Chemin des saisons et Dans la lumière antique, parus plus tard, prolongent cette veine méditative tournée vers la nature et la durée. Son écriture, classique de forme — il privilégie le sonnet et l'alexandrin —, refuse l'expérimentation formelle de ses contemporains. Une voix d'érudit doublé d'un sentimental retenu, longtemps lue dans les anthologies de fin de siècle.