Albert Samain

Heures d'été

Au Jardin de l'infante

IV

 

Les grands Jasmins épanouis

Vibrent dans les chaudes ténèbres…

Seuls, les Parfums règnent, funèbres,

Sur les jardins évanouis.

 

La phalène en silence vers

La flamme d’or se précipite.

Dans l’obscurité qui palpite

Tes yeux verts rêvent, grands ouverts.

 

Tes yeux verts, ô ma Bien-Aimée,

Rêvent dans l’ombre parfumée

D’affreux supplices pour les cœurs ;

 

Et ton nez irrité respire

Dans l’étouffement des odeurs

Des fêtes sanglantes d’empire !