Alphonse de Lamartine

L'isolement

Méditations Poétiques

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,

Un son religieux se répand dans les airs,

Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique

Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

 

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente

N’éprouve devant eux ni charme, ni transports,

Je contemple la terre, ainsi qu’une ombre errante :

Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

 

De colline en colline en vain portant ma vue,

Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,

Je parcours tous les points de l’immense étendue,

Et je dis : Nulle part le bonheur ne m’attend.