John Skelton
Ton affreux squelette
Casse ma tête
Des désirs terrestres ;
Car j’ai bien tout le contexte
Nous sommes de la poussière,
Et devons revenir en terres.
C’est normal
D’être mortel :
J’ai bien observé
Personne ne sera épargné
De cette mort aux yeux vides,
De cette chair aride,
De ces os rompus,
De ces vers te bouffant les entrailles,
Et cette mâchoire pleine d’entailles
Suffoquant seul,
Dépecé dans le linceul,
Ni vivant ni mort.
Écoute mes accords
Écoute bien ce que je dis
Retiens bien ce que tu lis :
Où que l’on soit
La mort arrivera,
Tu ne peux rien faire contre ça.
Pour nos ventres gras,
Aucun passe-droit,
Ni prière ni foi,
Ne peuvent les éloigner du trépas :
La fin a une date,
Vers l’échec et mat,
La victoire immédiate ;
Du silence sur ta sonate cardiaque,
Nos yeux qui s’enfoncent,
Un corps en défonce,
Notre sourire renonce,
Notre âme criblée de ronces.
Vers qui nous tourner ?
Pour être sauvé,
Vers seul Jésus ressuscité,
Sa grâce et sa pitié.
O bel enfant
De Marie la bleue et blanc,
Glisse-nous sous ton égide !
Et sauve-nous de l’exil
De ces ténèbres
Et son infinie misère,
De ces marécages
Aux cris démoniaques.
Donne nous la grâce
De voir ton visage,
Le courage,
D’aimer les nuages,
Et ce royaume
De l’aube
Grandiose
Si haut ;
Chaque jour
Contemple
La trinité !
Amen.
Elle est pour toi.