Elizabeth Barrett Browning
Sonnets from the Portuguese
Ceux-là qui dans le fond de leur cœur m’ont aimée,
Mon cœur les aime tous. Il remercie encor
Tous ceux que ma musique, aux passages plus forts,
Retint près de la geôle où j’étais enfermée,
Avant qu’ayant repris leur route accoutumée
ils fussent trop loin pour entendre mes accords.
Mais ô toi qui laissas tomber ta lyre d’or
Pour écouter les chants que ma voix abîmée
De douleur exhalait au milieu des sanglots ..
Pour te remercier, enseigne-moi les mots ! —
Puissé-je faire dire, avec plus d’éloquence,
Ce merci de mon âme aux ans qui vont venir
Et ainsi saluer au nom de l’existence
Qui s’achève un amour qui ne doit pas finir.