François-René de Chateaubriand
L’Italie à mes pieds, et devant moi le monde,
Quel champ pour mes désirs !
Je volai, j’évoquai cette Rome féconde
En puissants souvenirs.
Du Tasse une autre fois je revis la patrie :
Imitant Godefroi,
Chrétien et chevalier, j’allois vers la Syrie
Plein d’ardeur et de foi.
Ils ne sont plus ces jours que point mon cœur n’oublie,
Et ce cœur aujourd’hui
Sous le brillant soleil de la belle Italie
Ne sent plus que l’ennui.
Pompeux ambassadeurs que la faveur caresse,
Ministres, valez-vous
Les obscurs compagnons de ma vive jeunesse
Et mes plaisirs si doux ?