Samuel Moussalli
Pirateries
Mon hamac balance…
Depuis quand suis-je ici ?
Les fenêtres inclinées de ma tour
S’incurvent en tornades, en cascades !gées
En enroulades d’or s’éprennent et se déforment
Lentement se détournent et se révolutionnent
Hier, je vis les Lacs,
Folles pupilles bleues, insondables et diaprées,
Je basculai, dément, vers leurs gouffres aimantés.
Demain,
de Californe,
Je verrai les cornacs
Au creux des grands canyons
Chevaucher en hurlant les géantes à cornes !
Mon hamac balance…
Depuis quand suis-je ici ?
Les fenêtres inclinées de ma tour
Se perdent en floraisons, tourbillons de fréquences
Vibrent et font sillages, en un million de rides
En silence se penchent, dissolvent toute bride :
Hier, dans l’air humide
Je vis l’oiseau-ramage éclore des gouttes d’eau
En détresse d’amour, je tombai aussitôt…
Des Armoriques, demain
J’observerai les druides
Assis sous les dolmens
Semer des fleurs cosmiques
Dans le creux de leurs mains !
Mon hamac balance…
Les journées s’avalanchent et j’assiste, ahuri
À des visions diaphanes qui ne sont plus les miennes
Depuis quand suis-je ici ?
Mon hamac balance,
Et mes journées se mêlent
En spirales hantées,
Mon existence, confuse,
Diffuse à demi-ton
des doutes enchantés…
Depuis quand suis-je ici ?
Quand reviendra l’été
Les fenêtres inclinées de ma tour
S’entrouvriront peut-être
Laisseront s’inviter
Une furie de cithares, combinaisons flûtées
Infusion de trompettes, rythmes et danses athées
Un air nouveau, léger,
Le chant de l’Autrepart
Annonçant l’arrivée
De mon départ.