Anne de Marquets

Sonnets spirituels

III

 

O fleur d’infini prix, chaste virginité,

D’être trop téméraire on me pourrait rependre.

Si par mes humbles vers je voulais entreprendre

De célébrer ton los, ta gloire et dignité :

 

Vu que celui qui règne en toute éternité.

Que la terre et les cieux ne surent onc comprendre.

A voulu ce jour d'hui en toi notre chair prendre,

Joignant à ton bonheur l’heur de maternité.

 

Si que l’enfantement et l’intégrité pure,

La majesté divine et l’humaine nature,

Qui avaient par avant discord perpétuel.

 

Ont en paix converti leur antique querelle,

Car au sacré giron d’une sainte pucelle

Ils sont unis et joints par accord mutuel.