Paul Éluard
Premiers Poèmes (1913-1921)
Point de tombes en les forêts.
L'ombre attendait ces échappées
Que nous faisons vers la clarté
Tous ensemble, en brisant les branches.
Les troncs qu'au repos l'on tatoue
Ne connaîtront pas nos couteaux,
« Si tu veux, ralentis un peu.
Et c'est tout. »
Quelqu'un sait-il où nous allons ?
Allons-nous délivrer la joie
Qui est en nous, que nous cachons
Comme un arbre cache ses racines ?
Ou bien suivrons-nous toujours cette voie ?