Alphonse de Lamartine

Milly ou la terre natale

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Ces bruyères, ces champs, ces vignes, ces prairies,

Ont tous leurs souvenirs et leurs ombres chéries.

Là mes sœurs folâtraient, et le vent dans leurs jeux

Les suivait en jouant avec leurs blonds cheveux ;

Là, guidant les bergers aux sommets des collines,

J’allumais des bûchers de bois mort et d’épines,

Et mes yeux, suspendus aux flammes du foyer,

Passaient heure après heure à les voir ondoyer.

Là, contre la fureur de l’aquilon rapide,

Le saule caverneux nous prêtait son tronc vide,

Et j’écoutais siffler dans son feuillage mort

Des brises dont mon âme a retenu l’accord.

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