Lucie Delarue-Mardrus

Saisons

Horizons

En mai, dans le jardin où tous deux cheminions,

La rosée allumait au soleil ses facettes ;

Les branches soupesaient indolemment leurs fruits

Encor verts par-dessus les grillages détruits ;

En août, nos doigts gourmands ont laissé des fossettes

Dans la ronde chair rouge et verte des brugnons.

 

En octobre, les fruits ne seront plus aux branches,

L’automne répandra sa légère rousseur ;

Décembre nous rendra les lampes et la table,

Mais ta bouche est un fruit rouge, mûr et durable,

Et mes dents y viendront mordre de si bon cœur

Que j’oublierai l’hiver et ses pelouses blanches.