Anonyme

Enfant je portais des tresses

Enfant, je portais des tresses Enfant, je portais des tresses, Deux rivières blondes, tissées par les doigts de maman, Elles serpentaient sur mes épaules, Fidèles compagnes de mes jeux innocents. Espiègle, je riais souvent, Un rire clair, éclaboussé de lumière, Qui faisait danser l’air autour de moi, Comme une farandole de bulles légères. Mes tresses sautaient dans tous les sens, Libres, indomptées, elles suivaient mes élans, Bondissaient au rythme de mes courses folles, S’envolaient quand je tournais, ivre de vent. Je me souviens du soleil accroché à mes joues, Des genoux écorchés, des secrets murmurés, Des promesses faites à la lune, Et de la tendresse cachée dans chaque nœud serré. Aujourd’hui, parfois, je ferme les yeux, Et je sens encore le poids doux des tresses, Le parfum du savon, la chaleur des bras, Et ce rire, ce rire d’enfant, Qui jamais ne me quitte tout à fait.