Louis-Honoré Fréchette

Le lac de Beloeil

Qui n'aime à visiter ta montagne rustique,

O lac qui, suspendu sur vingt sommets hardis,

Dans ton lit de joncs verts, au soleil resplendis,

Comme un joyau tombé d'un écrin fantastique ?

 

Quel mystère se cache en tes flots engourdis ?

Ta vague a-t-elle éteint quelque cratère antique ?

Ou bien Dieu mit-il là ton urne poétique

Pour servir de miroir aux saints du paradis ?

 

Caché comme un ermite en ces monts solitaires,

Tu ressembles, ô lac, à ces âmes austères

Qui vers tout idéal se tournent avec foi.

 

Comme elles aux regards des hommes tu te voiles ;

Calme le jour, le soir tu souris aux étoiles...

Et puis il faut monter pour aller jusqu'à toi.