Anonyme

Les Pendus

Pénétrant les entrailles de la mer, Il est une jetée achalandée De pendus aux prunelles faisandées. Ici s’étend l’empire de l’amer. Parmi ces marcassins au port altier – Certes facilité par le gibet – Balance le cygne noir du ballet, Engouffrant ses mains dans son sein châtié. De ses doigts engourdis par le trépas, La charogne laboure ses ventrailles, Jetant son être en piteuse mangeaille À des oiseaux déjà gras d’un repas. Entendez ! volée de blanches sternes, Percuter les devantures sans teint, Le rire macabre quoique enfantin Du poète parmi les âmes saines.