Elizabeth Barrett Browning
Sonnets from the Portuguese
Quand nos âmes debout, et toujours s'approchant
Plus près l'une de l'autre, en un silence austère
Croisent leurs fiers regards ; lorsqu enfin se touchant
Leurs ailes prennent feu, — quelle injustice amère
Pourrait à notre égard bien commettre la terre
Qui ne sût se changer en bienfait sur-le-champ ?
Songe ! en montant plus haut, vers les célestes sphères,
Les Anges nous prendraient dans leurs rangs et leur chant
Tomberait se mêler à notre cher silence.
Restons sur terre ; au moins l'humaine indifférence
Permet aux purs esprits d'y vivre isolément
Et leur laisse, en un coin, une modeste place
Où l'Amour les unit pendant un court moment
A côté de la Mort dont l'ombre les enlace.