François Fertiault

Au fond des bois

La feuille frémissante au fond des bois murmure.

 

— « Pensive et recueillie, ange, viens l’écouter,

« Comme l’ombre descend sur la verte ramure,

« Sur tes yeux descendra ta paupière si pure ;…

« Viens, c’est la voix du ciel que l’on entend chanter. »

 

La feuille frémissante au fond des bois murmure.

 

— « Avec toi pour compagne, oh ! j’aime à l’écouter,

« Vierge au divin profil, à la chaste figure.

« Je vois passer en toi l’âme de la nature…

« Viens, c’est la voix du cœur que l’on entend chanter. »

 

La feuille frémissante au fond des bois murmure.

 

— « Oh ! ma main dans ta main je voudrais l’écouter.

« De la peur de te perdre, hélas ! je me torture…

« Sens mon front, comme il brûle !… amie, oh ! je t’assure…

« C’est la voix de l’amour que l’on entend chanter. »

 

La feuille frémissante au fond des bois murmure.

 

Quelle oreille à présent pourrait les écouter ?

Ils se taisent tous deux sous la feuillée obscure.

Au silence parfois le bonheur se mesure…

Ils pleurent… quelle voix entendent-ils chanter ?…

 

La feuille frémissante au fond des bois murmure.