Auguste Lacaussade

Coucher de soleil sous l’équateur

« Puissant et vaste, il faut la foudre et la tempête

Pour soulever ton sein, pour courroucer tes flots ;

Et le moindre vent peut, de son aile inquiète,

Importuner ton onde et troubler ton repos.

 

« Des passions, poète, il faut aussi l’orage

Pour soulever ta muse et ton verbe irrité ;

Un souffle peut aussi, dans la paix qui t’ombrage,

Troubler ta quiétude et ta sérénité.

 

« Toute vague a son pli, tout bonheur a sa ride.

Où trouver le repos, l’oubli, l’apaisement ?

Pour cette fleur sans prix notre cœur est aride !

L’inaltérable paix est en Dieu seulement.

 

« Pour moi, je n’irai point demander à la terre

Un bonheur qui nous trompe ou qui nous dit adieu ;

Mais toujours je mettrai, poète au rêve austère,

Mon amour dans la Muse et mon espoir en Dieu ! »