Jean-Joseph Rabearivelo

Il est des mains rouillées sans nombre

Traduit de la nuit

Il est des mains rouillées sans nombre,

— ondes, ombres, fumées —

qui sarclent et marcottent

dans un buisson de framboisiers

envahi d’herbes à hauteur de géant

d’où ne sortent que des oiseaux aveugles.

 

Que récolteront-elles, une fois lasses ?

Qu’y aura-t-il entre leurs doigts de vent ?

des molles baies noires à force d’être rouges

sont déjà devenues d’innombrables champignons

au bord de ce fleuve sans piroguiers

pour embarquer tous ces paniers de fruits nocturnes.