Iwan Gilkin

Le Lévrier

Le lévrier d’Écosse aux poils fauves, très longs,

Accompagne au jardin matinal sa maîtresse.

Sous le frisson léger du doigt qui le caresse

Des rêves de baisers pleurent dans ses yeux blonds.

 

Le soir, sur les tapis orgueilleux des salons,

Allongeant sa pensive et hautaine paresse,

Sous les pieds de sa reine il pâme de tendresse

Et râle de plaisir en léchant ses talons.

 

Et, le regard peuplé de captives pensées

Dans l’horreur d’un silence invincible enfoncées,

Il se meurt lentement du secret de son mal.

 

Ainsi, dans leurs amours étranges, les poètes

Épris d’un impossible et sublime idéal

Expirent, le cœur plein de paroles muettes.