Jules Laforgue

Devant la grande rosace en vitrail de Notre-Dame - I

Le Sanglot de la Terre

Oh ! l’Orgue solennel entonne

Le Dies iræ du dernier jour.

La Grande Rosace octogone

Plus douloureusement rayonne

D’Adoration et d’Amour.

 

Avalanches de Roses pâles,

Et de Lys tièdes de langueur,

Déluge éternel de pétales,

Parfums, musiques triomphales

Noyez, bercez, broyez mon cœur.

 

Je suis le Parfum du martyre,

L’Amour sans but, sans chair, l’Ardeur.

Je veux me parfumer de myrrhe,

Je veux pleurer, je veux sourire

Je veux me fondre de Pudeur !

 

Nimbés de rubis, de topaze,

Diaphanes et fulgurants,

Les Anges que l’Éternel embrase,

Vêtus d’ineffable et d’extase,

Vont, m’emportent dans leurs torrents !