Marie Krysinska

À Luce Colas

Joies errantes

À Luce Colas.

 

De la grâce ingénue, aussi émouvante

Que la grâce des paysages normands

Où, parmi les doux feuillages bruissants

L’eau coquette, miroite, court et chante.

 

Le cher souci d’Art a mis dans ses yeux gris,

Rieurs de malice, un rien de graves songers,

Mais sa bouche demeure le fruit frais des vergers

Aimés de Watteau et — tout parfumé d’esprit.

 

Le siècle des fossettes et des bergeries,

Des amours, des rubans et des cœurs aux abois,

Semble l’avoir ornée pour le plaisir des yeux ;

 

Et c’est aussi le charme exquis des causeries

Tendres et raisonneuses des Dames d’autrefois

Qui ressuscite en elle par le vouloir des Dieux.