Guillaume Apollinaire

La Chanson du Mal-Aimé

Alcools

Mort d’immortels argyraspides

La neige aux boucliers d’argent

Fuit les dendrophores livides

Du printemps cher aux pauvres gens

Qui resourient les yeux humides

 

Et moi j’ai le cœur aussi gros

Qu’un cul de dame damascène

Ô mon amour je t’aimais trop

Et maintenant j’ai trop de peine

Les sept épées hors du fourreau

 

Sept épées de mélancolie

Sans morfil ô claires douleurs

Sont dans mon cœur et la folie

Veut raisonner pour mon malheur

Comment voulez-vous que j’oublie