Rainer Maria Rilke

Comme tu ajoutes à tout

Poèmes Français

Comme tu ajoutes à tout,

fenêtre, le sens de nos rites :

Quelqu'un qui ne serait que debout,

dans ton cadre attend ou médite.

 

Tel distrait, tel paresseux,

c'est toi qui le mets en page :

il se ressemble un peu,

il devient son image.

 

Perdu dans un vague ennui

l'enfant s'y appuie et reste ;

il rêve. Ce n'est pas lui,

c'est le temps qui use sa veste.

 

Et les amantes, les y voit-on,

immobiles et frêles,

percées comme les papillons

pour la beauté de leurs ailes.