Amélie Murat

Une voix dans l'ombre

Tu n'as saisi de moi, dans ta cueille hâtive,

Qu'un charme indifférent dont la floraison meurt ;

Sans vouloir deviner qu'éperdue et captive,

Une âme t'attendait comme un libérateur !

 

Oui, parce qu'en tes bras, souple, et chaude, et vibrante,

Je te fus cette fleur, cette flamme et ce cri,

Tu n'as su voir en moi qu'une opportune amante...

Et la chair, une fois de plus, courbe l'esprit.