Louisa Siefert

Jalousie

Rayons perdus

Oh ! ce sonnet me pèse à l’égal d’un remord !

Que je m’occupe ou non, que je veille ou je rêve,

Ce souvenir ne peut me laisser paix ni trêve,

Car pour moi chaque vers est un serpent qui mord.

 

L’épreuve est salutaire alors qu’elle rend fort

Et d’un souffle puissant jusqu’au ciel nous enlève,

Mais tout ressentiment transperce comme un glaive,

Et ces angoisses-là sont angoisses de mort.

 

Arrière donc, vipère à la langue empestée,

Amertume égoïste & vile, pour jamais

Retourne au gouffre noir qui t’avait enfantée !

 

Moi, je veux vivre, aimer & sentir désormais

Tout ce que peut souffrir une âme généreuse,

Qui demande au devoir le secret d’être heureuse