Auguste Lacaussade

À l’île natale

O terre des palmiers, pays d’Eléonore,

Qu’emplissent de leurs chants la mer et les oiseaux !

Île des bengalis, des brises, de l’aurore !

Lotus immaculé sortant du bleu des eaux !

Svelte et suave enfant de la forte nature,

Toi qui sur les contours de ta nudité pure,

Libre, laisses rouler au vent ta chevelure,

Vierge et belle aujourd’hui comme Eve à son réveil ;

Muse natale, muse au radieux sourire,

Toi qui dans tes beautés, jeune, m’appris à lire,

A toi mes chants ! à toi mes hymnes et ma lyre,

O terre où je naquis ! ô terre du soleil !