Elisa Mercœur

La feuille flétrie

Pourquoi tomber déjà, feuille jaune et flétrie ?

J’aimais ton doux aspect dans ce triste vallon.

Un printemps, un été, furent toute ta vie ;

Et tu vas sommeiller sur le pâle gazon.

 

Pauvre feuille ! il n’est plus le temps où ta verdure

Ombrageait le rameau dépouillé maintenant.

Si fraîche au mois de mai ! faut-il que la froidure

Te laisse à peine encore un incertain moment !

 

L’hiver, saison des nuits, s’avance et décolore

Ce qui servait d’asile aux habitans des cieux ;

Tu meurs, un vent du soir vient t’embrasser encore,

Mais ses baisers glacés pour toi sont des adieux.