François Fertiault

Mon étoile d’or - Cri de deuil

Lorsque je guettais, ô ma jeune plante,

Ton éclosion aux fruits presque mûrs,

Le ciel vint tarir ta séve trop lente..,

Dieu m’a pris l’ami de mes jours futurs !

Je n’entendrai plus tes chants, ta parole,

Tes mots caressants, cher et doux trésor !…

Que devient le toit d’où l’ange s’envole ?…

Mon ciel a perdu son étoile d’or !

 

 

Ô mon beau bourgeon, fleuri sur mon arbre,

L’âpre vent du nord t’a vite abattu !

Et je reste là, glacé comme un marbre,

Sans trouver en moi force ni vertu !

Au bout de mes jours commençait à luire

L’aube d’un rayon que j’aurais vu fort.

L’orage et la foudre ont su le détruire…

Mon ciel a perdu son étoile d’or !

 

 

Comme un tendre oiseau, tu trouvais ta joie

Sous l’aimant abri du nid paternel.

La main du trépas t’arrache à ma voie ;

J’ai tendu mon cœur d’un crêpe éternel !

Oh ! pourquoi venir pour partir si vite ?

Pourquoi, pour se perdre, un si bel essor ?

Noir destin, abîme, aucun ne l’évite…

Mon ciel a perdu son étoile d’or !