Iwan Gilkin

Le joueur de cor

Le vitrail, on dirait la peau d’un raisin d’or.

Un soleil automnal mûrit les draperies,

Rouillant les cuirs gaufrés et les tapisseries

Où de fauves forêts s’ouvrent comme un décor.

 

Devant un lourd tapis chargé d’orfèvreries,

Un rose adolescent cuivre un appel de cor

Où des chasses d’antan l’hallali sonne encor

Dans le silence épais des étoffes fleuries.

 

Le son clair et magique ira-t-il éveiller

Un chevreuil imprévu sous le fuyant hallier

Étrangement tissu dans la haute tenture ?

 

Des choses d’autrefois c’est l’âme qui murmure ;

— Des choses d’autrefois et des anciens châteaux

Et des aïeux lointains qui dorment dans nos os.