François Fertiault

Ici-bas et là-haut

Je suis l’être aimé qui voltige

Du sol à l’espace infini ;

Je vois l’insecte sous sa tige,

Je vois l’aigle sur son haut nid.

C’est moi qui vais sondant tout charme et tout mystère :

Je fais passer devant mes yeux

Les fleurs, étoiles de la terre,

Et les étoiles, fleurs des cieux.

 

Dans l’azur lointain je m’élance

À travers un monde animé.

Quelques instants je m’y balance ;

J’en redescends pur et charmé.

C’est moi qui vais sondant tout charme et tout mystère :

Je fais passer devant mes yeux

Les vierges, anges de la terre,

Et les anges, vierges des cieux.

 

Parfois aussi je fais ma route

Vers de moins vives régions,

Où la douleur vient goutte à goutte

Éteindre l’éclat des rayons.

C’est moi qui vais sondant tout charme et tout mystère :

Je fais passer devant mes yeux

Les pleurs, nuages de la terre,

Et les nuages, pleurs des cieux.