François Fertiault

Aux enfants

Ô vous, dont la voix pure

Monte encor droit à Dieu,

Priez sur la nature,

Trésors de ce bas lieu.

J’y vois des maux étranges,

Et d’étranges douleurs…

Priez, enfants ; les anges

Vous verseront des fleurs.

 

Pour nous, l’or de nos âmes

Hélas ! s’est trop terni ;

Mais en vous, jeunes flammes,

Tout reflet est béni.

Notre monde a des fanges

Que laveraient vos pleurs…

Pleurez, enfants ; les anges

Vous verseront des fleurs »

 

Que du ciel sur la terre

Nous viennent quelques dons ;

Tout front obscur s’éclaire

Quand nous vous entendons.

De vos chastes phalanges

Éveillez les doux chœurs…

Chantez, enfants ; les anges

Vous verseront des fleurs.

 

Dieu, je crois, pourrait même

Nous rendre son amour,

Si de vos cœurs, qu’il aime,

Vous l’appeliez un jour.

Dépouillez donc vos langes,

Invoquez ses ardeurs…

Aimez, enfants ; les anges

Vous verseront des fleurs.