Grégoire Le Roy

Vers l'oubli

Que de barques déjà, — car mon cœur est très vieux, —

S’ennuyant de la côte, au loin s’en sont allées !…

Que d’ailes, et si loin ! de la grève envolées !…

Ma vie est seule et triste ainsi qu’un soir d’adieux.

 

Oh ! Regarder parfois là-bas, d’où l’on arrive…

C’est si doux cette fuite et cet éloignement

Sans rames et sans rhythme, et porté seulement

Sur du temps et du rêve !… Oh ! vivre à la dérive !

 

Être pour l’oublier comme un beau soir d’été

Impassible et voilé. La vie : un clair de lune…

Et, puisque l’espérance au calme est importune,

Se souvenir très vaguement d’avoir été…