Charles Leconte de Lisle
Silences de la nuit, temples de la pensée,
Immortelles clartés, lustres mystérieux,
Vous êtes beaux et doux à notre âme oppressée,
Quand ce reflet divin, le calme, prend les cieux.
Vous êtes beaux et doux, sommeil des monts sublimes,
Esprits, dont l’aile passe en nos rêves brûlants,
Aigles qui tournoyez au-dessus des abîmes
Et plongez tout à coup au sein des glaciers blancs.
Oh ! vous êtes si grands qu’à peine on peut vous croire.
Pourtant, tel est l’éclat de vos vastes splendeurs
Que l’âme, en son ivresse, unie à votre gloire,
Se surprend à rêver d’ineffables bonheurs !